Psychogénéalogie : l'enjeu de nos racines familiales

Je vous partage ici l’extrait d’un livre, « Thésée, sa vie nouvelle » de Camille de Toledo, que j’ai trouvé excellent pour traiter de la thématique de la psychogénéalogie de façon romancée. Si l'aventure vous tente, venez voyagez dans vos racines familiales à travers un outil des plus précieux : le génosociogramme.

« toi, mon frère, dis-moi…

Qui commet le meurtre d’un homme qui se tue ?

Tu es né le vingt-six janvier

mille neuf cent soixante-treize

Quelques mois après ta naissance

Ce fut le premier choc pétrolier

Qui annonçait la fin d’un monde

De l’énergie infinie

Après plus de trente ans d’une crise du capitalisme

Tu as rendu ta vie

Et je suis, depuis ce jour, ton survivant

Celui qui porte sur son dos l’énigme

De ta mort

Une énigme qui traverse les âges

Et les frontières

Une perte et un manque auxquels se nouent d’autres

Histoires venues du passé qui laissent apparaitre

Un fil fragile

Et lorsque je le tire, ce fil, voici ce qu’il révèle :

Que nous sommes

Un continuum de désastres

Et d’effondrements

Et cette enveloppe que nous appelons Corps

Que nous revêtons, soignons et vénérons, n’est rien qu’une

Cristallisation de liens qui peuvent

Dans l’exil, la vieillesse ou l’accident

Se dissoudre

Un frère, une mère, un père, une langue

L’empreinte d’une ville où nous avons appris à aimer

Le souvenir des forets autour

D’un village, enfant

Quand nous perdons nos liens, mon frère,

Nous tombons

Et moi, après ta mort, je suis tombé

J’ai été battu et traversé par d’étranges forces

Venues du passé

Il n’y avait plus de jours, pour moi,

Plus de lumière

J’ai dû retrouver vos visages

Revisiter l’histoire dont nous sommes nés

Jai été, en suivant ces forces, contraint

de replonger dans ce temps absurde

Et amnésique

Des Trente glorieuses

Puis j’ai dû retraverser la guerre, jusqu’aux tranchées,

De l’autre siècle

Plonger dans les eaux du temps

Éclairer les mensonges

Dont nous sommes les enfants

Tu vois, mon frère,

Pour ne pas mourir, j’ai dû entreprendre un voyage

Au cœur de la nuit, dans les plis du corps

Dans les strates du temps

Afin de comprendre ce qui t’a pris

Et répondre à cette mauvaise question

Qui finit par renverser tout ce à quoi

Je croyais, moi, le moderne

L’enfant de la prospérité

Qui commet le meurtre d’un homme qui se tue ?

Car avec cette question s’ouvre le récit archaïque

Qui coupe entre les âges et ricoche

De vie en vie, du passé vers l’avenir

L’avenir ".

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